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un bref essai sur l’art et l’intelligence artificielle (IA)

Computer science has become too important to be left to engineers. — Rota

dans lequel on tente de repousser les frontières en réfléchissant à voix haute… esquissons quelques lignes de fuite.

de quoi on parle quand on parle d’art et d’IA

Je pense que les techniques artistiques utilisées dans un contexte de création en arts, mais aussi en science, en ingénierie et dans les sciences humaines, nous renseignent plus sur ce que nous, humains, considérons comme la nature de l’être humain, que sur ce que nous pensons qu’une machine peut ou doit pouvoir faire pour nous imiter.

Je pense que par l’exploration de ce que font les machines, nous sommes forcés à nous (re)définir, à élargir notre compréhension de ce que ça veut dire, l’intelligence, la créativité et toutes ces petites et grandes choses qui font de nous des êtres humains.

l’IA est-elle au sujet des algorithmes ?

Est-ce que le sujet de l’IA est constitué de l’ensemble des techniques utilisées — ou est-ce que le sujet de l’IA est l’objectif ultime ? Si les techniques sont le principal sujet de l’IA, pourquoi ne voit-on pas plus souvent de discussion sur les principes mathématiques qui les sous-tendent ?

Lors du MUTEK AI Art Lab 2020, qui a eu lieu à Montréal en 2020 et auquel j’ai participé, il était souvent discussion de l’IA en tant qu’outil, et de la façon que nous discutons de nos outils en tant qu’artistes. Sommes-nous encore trop centrés sur l’IA en art en tant qu’outil ou sommes-nous prêt.e.s à l’utiliser, à explorer ses perspectives créatrices — à se l’approprier ?

Voici le rôle de l’artiste: repousser les frontières, aller vers l’inconnu — créer de l’inconnu…

repousser les frontières

Comment peut-on collectivement repousser les frontières de l’IA — aborder de nouveaux sujets — faire la lumière sur les zones ombragées de nos connaissances ? Quelles questions avons-nous déjà trop abordées — et lesquelles sont encore à explorer ?

Pour moi ce qui est intéressant avec l’IA est le fait que ce soit une nouvelle façon d’approcher et de discuter de l’incertitude, un sujet qui me passionne.

Nous connaissons, nous sommes habitué.e.s à la programmation déterministique — où le fait d’entrer un jeu de données dans le programme et de l’exécuter retourne toujours le même résultat.

L’IA est une façon de faire de la programmation stochastique — le résultat peut être différent à chaque exécution du programme, même si les données sont semblables.

Cette nouvelle façon de programmer est facsinante à mes yeux, et résulte en une prise de décision stochastique.

Comment pourrions-nous, en tant qu’artistes, s’inspirer de la science et de son fonctionnement pour repousser les frontières de l’IA en tant qu’outil créatif et en tant que médium ?

Quelques idées:

Ce ne sont que des idées — je suis curieuse d’entendre les vôtres…

déterminer un agenda artistique pour l’IA

Parfois je sens que l’agenda de l’intelligence artificielle pour les arts n’est pas mené avant tout par des artistes — il est décidé par la recherche actuelle, concrétisé par les libraires informatiques écrites pour l’industrie… et c’est à la fin qu’on demande aux artistes si ce processus — et son résultat — est créatif.

Impliquons-nous dès le début.

Je pense que nous devrions décider, individuellement et collectivement, des questions que nous voulons explorer avec l’IA en premier, en tant qu’artiste — et ensuite voir comment le réaliser, le concrétiser, comment mettre en marche quelque chose d’intéressant. Mener la recherche en IA et en arts en premier plan.

Il y en a qui ont déjà commencé — et je pense que le mouvement pourrait s’intensifier, se diversifier et se nourrir de toutes les questions qui ne sont pas abordées en ce moment.

Encore une fois, quelques idées pour mener cet agenda:

Décider d’un agenda qui soit concernés par les arts en premier plan, et non en second — et qui soit mené par les artistes.